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Le processus créatif chez les graphistes

En design graphique, la créativité est l’art de créer des visuels percutants à partir d’un contenu et d’un brief du client. Bien que la créativité est une qualité plus présente chez certains, c’est une qualité qui peut se développer pour tous. Grâce à une méthode de travail, on réalise les différentes étapes pour en arriver à un processus créatif. Il n’y a rien de magique dans cette approche! On vous partage la méthode développée dans notre studio de graphisme pour créer des visuels. Cette méthode n’est pas unique et plusieurs approches similaires peuvent être utilisées. On peut même l’adapter pour d’autres projets créatifs (photographie, écriture, artisanat, musique…).

1. Qui ?

Qui? Quoi? Quand? Où? Pourquoi? À la manière des 5W utilisés par les journalistes, ces questions sont pertinentes dans un processus créatif. En communication, le «QUI?» reste la question la plus importante, car il détermine à qui s’adresse le message. Se mettre dans la peau du destinataire est la première étape pour un visuel réussi. En nous représentant comme l’utilisateur principal, nous imaginons sa perception de la marque et son point de départ face à la réception du message. Les graphistes sont rarement la clientèle cible de leur création. Il faut éviter de créer avec nos biais pour ne pas limiter l’impact du message. En marketing, l’utilisation de persona est fréquente pour bien cibler les stratégies. Cette approche est aussi utile dans le graphisme.

2. Brief du client

Une véritable page blanche n’existe pas en design graphique. Il y a toujours des spécifications techniques et éléments à considérer. Que ce soit les couleurs corporatives, les polices de la marque ou une famille de visuels à poursuivre, le produit final doit avoir un lien avec une organisation. Au-delà des guides de normes graphiques, il faut aussi considérer les spécifications techniques propres au support de création. On ne crée pas de la même façon pour l’écran ou l’imprimé. Si c’est imprimé, quel est le format? La méthode d’impression? Le nombre de couleurs à respecter? Si c’est à l’écran, est-ce pour le mobile ou le grand écran? Quelle technologie sera utilisée? Est-ce une utilisation hybride écran/imprimé? Lors du brief initial, plusieurs questions doivent être posées pour mieux définir le projet. Les mots-clés employés par le donneur d’ouvrage sont essentiels pour s’inspirer tout au long du processus créatif. Il est important de s’y référer régulièrement. Tous ces paramètres ne sont pas des contraintes. Au contraire. Ils sont les ingrédients dont le graphiste aura à sa disposition pour sa création.

3. Recherche et inspiration

Une fois le carré de sable délimité par le brief initial et la clientèle cible, une bonne recherche créative est nécessaire pour s’inspirer. Rares sont les créateurs qui débutent sans une première recherche d’idées. Il ne s’agit pas de plagier, mais de s’inspirer de nos pairs à travers d’autres visuels et repérer des éléments intéressants à notre projet. Puisque chaque client, chaque projet et chaque style sont uniques, il s’agit parfois d’interpréter d’une nouvelle façon et sous un angle nouveau un outil de communication commun. Il est utile de collecter ces inspirations sous forme d’un moodboard, c’est-à-dire une représentation visuelle «en vrac» d’un ensemble d’idées qui pourraient nous servir en cours de mandat. Avoir sous la main le persona de l’utilisateur, le brief du client avec les spécifications techniques et une mosaïque d’idées est l’approche idéale pour des créations originales.

Exemple d'un moodboard
Exemple d’un moodboard créé par nos graphistes pour illustrer les tendances en graphisme.

4. Conceptualisation et verbalisation

Voici L’étape la plus importante lors de la création de visuels : la conceptualisation. On dit des grands photographes qu’ils font la photo dans leur tête avant de prendre l’appareil dans leurs mains. Ils imaginent la lumière, la position du sujet, l’arrière-plan, l’angle de la caméra et la lentille à utiliser. De la même manière, un artiste va faire un sketch ou un brouillon pour ensuite débuter son œuvre d’art. Même si nos talents en dessin sont limités, il est important de conceptualiser notre création avant de commencer. Le tout n’a pas besoin d’être très précis et il faut se donner le droit de changer d’idée en cours de route. On peut même le faire verbalement avec un collègue. Le simple fait d’expliquer comment nous envisageons le visuel permet à notre cerveau de s’activer en créant une ébauche de la réalisation dans notre tête. Dans les films, cette étape est souvent représentée par un «sketch sur une napkin». Pensez à cette métaphore célèbre la prochaine fois que vous aurez une création à réaliser.

5. Réalisation

Nous y voici. Après toutes ces étapes, vous pouvez maintenant ouvrir Photoshop, Illustrator ou InDesign. Comme vous pouvez le constater, plusieurs étapes préliminaires sont nécessaires avant de débuter la création. Trop souvent, surtout chez des graphistes plus juniors, le premier réflexe est d’ouvrir ces logiciels et créer une page blanche. Il est plus ardu de commencer de cette façon. Une fois débuté, rien ne vous empêche d’explorer d’autres avenues. N’oubliez pas de vous référer à votre moodboard, aux mots-clés du client et aux exigences du projet. Généralement, il est utile de ne rien supprimer dans nos explorations et de simplement décliner des concepts jusqu’à atteindre un cul-de-sac ou un chef-d’œuvre! C’est la beauté du numérique. N’essayez pas non plus d’être parfait à cette étape. Plus rapidement tous vos éléments seront placés, mieux sera votre regard sur la création et son équilibre.

6. Validation 

Malgré toute notre bonne volonté, nous avons tous nos œillères et angles morts. On utilise souvent les mêmes raccourcis et avons nos biais cognitifs. En agence de communication, c’est notamment le rôle du directeur artistique d’offrir un second regard sur la création des graphistes et de questionner, suggérer ou valider le design. Faute d’avoir un directeur artistique à côté de soi, un collègue ou même une tierce personne peut offrir un regard neuf sur la création. On ne peut créer une première impression qu’une seule fois, et comme concepteur, nous ne pouvons avoir ce point de départ puisque c’est le résultat de nombreuses heures de travail qui aboutissent à une version #1. La critique constructive est un art, tout comme la façon de recevoir ces commentaires et d’avoir une ouverture face à ces questionnements. Il est encore temps d’ajuster et d’améliorer le tout avant de le présenter au client.

7. Ajustements

Finalement, une fois le concept présenté, il est inévitable qu’il y ait des ajustements à faire. Rares sont les clients qui décident seuls de l’approbation du design : plus il y a de personnes impliquées dans le processus décisionnel, plus il y aura de commentaires. Il peut être utile de rappeler les mots-clés, les spécifications techniques du projet et surtout la clientèle visée par cet outil de communication. L’interlocuteur ne fait pas toujours partie de la clientèle cible. Une fois les commentaires reçus, une version modifiée du design est produite pour arriver à une création unique, originale et efficace.

Il n’y a pas de recette magique à la créativité.

Conclusion

Il n’y a pas de recette magique à la créativité. On peut avoir un éclair de génie, mais on ne peut rien faire pour créer cet éclair. Il est donc préférable d’avoir une méthode qui nous permet de décomposer le travail en différentes étapes de création pour arriver à des résultats prévisibles. Certains sont plus créatifs de nature, mais tous peuvent avoir un processus créatif.

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